La plongée à Annaba reste une expérience rare pour les Plongeurs francophones. Sur ce littoral algérien, la Méditerranée se montre brute, encore préservée des foules et des industries nautiques. Ici, le décor se compose de roches sculptées par le temps, de tombants recouverts de vie et d’épaves posées sur le sable. Loin des clichés touristiques, Annaba séduit par son authenticité. À moins de trois heures de vol de la France, on découvre une mer familière et pourtant différente, plus sauvage, plus généreuse.
Les eaux se dévoilent dans une clarté souvent surprenante. L’été, la visibilité dépasse fréquemment vingt mètres. On descend dans un silence à peine troublé par le rythme des bulles, et déjà se dessinent des gorgones, des bancs de sars et les ombres massives de mérous. La plongée à Annaba a ce goût d’exploration intime, comme si chaque immersion offrait un privilège rare. De plus, la diversité des reliefs et des espèces rend chaque sortie unique, même pour les plongeurs aguerris.
Les sites de plongée à Annaba
Trois sites résument bien la diversité de la plongée à Annaba, chacun adapté à un niveau précis. Ainsi, du débutant au confirmé, tout le monde trouve son terrain de jeu.
Le Jardin de Seraïdi – Niveau débutant
À faible profondeur, non loin de la corniche, s’étend un jardin minéral. Entre cinq et douze mètres, une succession de blocs rocheux forme un patchwork de failles et de petites arches. Les rayons du soleil, en fin de matinée, créent des jeux de lumière magnifiques. Les surplombs sont recouverts d’algues, et les anfractuosités abritent murènes et rascasses. Ici, les courants sont faibles, l’eau limpide, et la plongée garde une atmosphère douce.
Ce site reste parfait pour l’initiation, mais il conserve de l’intérêt même pour les plus expérimentés. En effet, les contrastes de lumière et la richesse de la microfaune séduisent les photographes sous-marins. De plus, on observe souvent des seiches camouflées et parfois un jeune mérou installé entre deux rochers. Ainsi, ce jardin constitue un lieu idéal pour débuter, progresser ou simplement profiter d’une ambiance paisible.
Les tombants de Cap de Garde – Niveau intermédiaire
En s’éloignant vers le cap, le relief se transforme. Le plateau rocheux plonge dans le bleu et forme des tombants vertigineux. Entre quinze et trente mètres, la paroi se couvre de coralligène, et les gorgones s’agitent doucement au gré du courant. Les mérous se font plus nombreux, bien cachés mais toujours présents. Parfois, une raie traverse le pied du tombant, furtive, presque irréelle.
Ce site demande plus de maîtrise que le Jardin de Seraïdi. En effet, la profondeur et le courant imposent une bonne gestion de la flottabilité. Toutefois, les efforts sont largement récompensés. Le décor minéral alterne entre descentes et remontées, et chaque faille réserve une surprise. Les plongeurs intermédiaires apprécient particulièrement ce site, car il combine relief spectaculaire et abondance marine. Ainsi, le Cap de Garde illustre parfaitement la richesse de la plongée à Annaba.
L’épave du trawler – Niveau confirmé
Par trente-huit mètres de fond repose un chalutier coulé dans les années 1990. L’épave, encore entière, s’est couchée sur le flanc. Sa timonerie reste visible, colonisée par des bancs de castagnoles. Les structures métalliques abritent crustacés, mostelles et rascasses. Avec un peu de chance, on croise un banc de barracudas en pleine eau.
L’immersion impose rigueur et planification. En effet, la descente est rapide et le temps de fond limité. Toutefois, l’atmosphère y est inoubliable. Le silence, la profondeur et le décor métallique confèrent à cette plongée une intensité particulière. Les confirmés y trouvent une expérience comparable à certaines épaves méditerranéennes plus connues, mais avec un sentiment d’exclusivité. Ainsi, cette plongée reste un incontournable pour les plus expérimentés.
Ces trois spots reflètent l’essence de la plongée à Annaba : accessible, variée, et toujours authentique. Chacun révèle une facette différente de la Méditerranée, ce qui permet de varier les expériences au fil du séjour.
Rejoindre Annaba et s’immerger sous ses eaux
Annaba est située à l’est de l’Algérie, proche de la frontière tunisienne. Son aéroport Rabah Bitat accueille des vols directs depuis Marseille et Paris selon les saisons, et des correspondances régulières via Alger. Trois heures suffisent pour quitter l’Europe et plonger dans une autre Méditerranée. Ainsi, la ville reste une destination idéale pour les plongeurs francophones en quête de proximité et de nouveauté.
Depuis l’aéroport, le centre-ville se rejoint en une vingtaine de minutes. Les clubs organisent ensuite les sorties. Les départs se font tôt le matin, embarquement au port ou sur la corniche, direction les sites de plongée. La navigation est courte, le décor change vite, et l’on se retrouve rapidement en pleine mer, prêt à basculer dans le bleu.
Par ailleurs, la route reste une alternative possible. Annaba est reliée à Constantine et Skikda par des bus et des liaisons routières. Toutefois, le trajet en avion reste la solution la plus pratique pour un court séjour.
Meilleure période pour plonger à Annaba
La meilleure période pour plonger s’étend de juin à octobre. Durant ces mois, la mer est calme, la température dépasse 24 °C et la visibilité est excellente. L’automne garde un charme particulier, avec une lumière plus douce et des sites moins fréquentés. En avril et mai, les conditions commencent à s’améliorer, mais l’eau reste fraîche pour de longues immersions.
En hiver, seuls les plus passionnés s’équipent en étanche pour goûter à la solitude et à l’ambiance minérale des tombants. Toutefois, cette saison permet parfois d’observer une vie marine différente, plus discrète mais fascinante. Ainsi, chaque période offre une facette particulière, mais l’été et l’automne garantissent les meilleures conditions.
Ambiance locale et hébergement pour plongeurs
Annaba vit au rythme de la mer. Les pêcheurs quittent le port au lever du jour, et les marchés s’animent dès le matin avec l’odeur du poisson frais. Le soir, les terrasses se remplissent, les grillades mêlent leurs effluves aux embruns, et les plongeurs se retrouvent pour raconter leurs sorties. Cette atmosphère simple et conviviale séduit particulièrement les visiteurs francophones.
Le club Annaba Sub, installé non loin du Cap de Garde, reste une référence locale. Géré par une équipe passionnée, il propose des sorties variées, du Jardin de Seraïdi à l’épave du trawler. Le matériel est bien entretenu, les briefings sont clairs, et l’accueil convivial. De plus, le club propose des formations allant jusqu’au Divemaster. Certains encadrants parlent français, ce qui facilite grandement la communication avec les plongeurs venus de l’Hexagone.
Pour se loger, l’hôtel Sabri est souvent plébiscité. Situé sur la corniche, il domine la mer et offre un confort apprécié. Les chambres, parfois avec balcon, s’ouvrent sur le bleu. Après une journée d’immersion, se détendre face aux vagues devient un rituel. Ainsi, l’emplacement de l’hôtel facilite l’accès aux clubs et aux points de départ des plongées. Son rapport qualité-prix séduit de nombreux plongeurs francophones qui souhaitent allier confort et authenticité.
Annaba garde ce charme rare d’une destination discrète. La plongée y offre un sentiment d’exploration, et la ville, une ambiance vivante et accueillante. Pour un plongeur francophone, la plongée à Annaba représente une parenthèse unique : proche, accessible, mais profondément dépaysante.


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