Plongée à Saint Martin’s Island : le joyau méconnu du Bangladesh

Bateaux de pêche traditionnels sur la plage de Saint Martin’s Island au Bangladesh, point de départ des plongées sous-marines

La plongée à Saint Martin’s Island dévoile un monde marin encore préservé, loin du tumulte des grandes destinations asiatiques. Située à l’extrême sud du Bangladesh, au large de Teknaf, cette île corallienne — la seule du pays — fascine par ses récifs éclatants et sa biodiversité fragile. Peu connue des plongeurs francophones, elle attire pourtant ceux qui préfèrent les sites sauvages aux zones touristiques surpeuplées.

Sous la surface, la plongée sous-marine révèle un décor vibrant où les coraux, les poissons tropicaux et les raies s’animent dans une lumière d’une pureté rare. Les reliefs, plutôt doux, facilitent les explorations, tandis que la mer, souvent calme en hiver, permet de profiter longuement de chaque immersion. Ici, tout semble plus lent, plus simple, presque hors du temps. La mer guide le rythme, le sable absorbe le bruit, et chaque bulle devient une invitation au silence.

Sites de plongée autour de Saint Martin’s Island

Récif Ouest – Niveau débutant

Le récif ouest, tout proche de la plage principale, constitue une porte d’entrée idéale vers la plongée au Bangladesh. Entre cinq et douze mètres, les plongeurs découvrent un relief peu profond, animé par une vie marine dense. Les coraux durs dominent le paysage, entourés d’éponges et de gorgones colorées. Des poissons-papillon, des demoiselles et quelques gobies se déplacent lentement dans la clarté turquoise. Les courants, faibles la plupart du temps, permettent d’observer sans effort la richesse du récif. Ainsi, ce site s’impose comme une excellente initiation pour les débutants ou une reprise en douceur après une longue pause.

Chhera Dwip – Niveau intermédiaire

Chhera Dwip, petite île reliée à marée basse à Saint Martin’s Island, abrite plusieurs zones de plongée plus variées. Ici, la profondeur atteint entre douze et dix-huit mètres, ce qui offre davantage de relief et de vie. Les gorgones oscillent doucement sous le courant, tandis que les mérous s’abritent dans les failles rocheuses. De plus, la visibilité, souvent supérieure à dix mètres, met en valeur les contrastes de lumière. Les tortues vertes viennent régulièrement se nourrir d’algues, et certaines raies reposent sur le sable clair. Cependant, la mer peut devenir un peu plus agitée selon la marée, ce qui demande un bon contrôle de la flottabilité. Ce site intermédiaire combine parfaitement accessibilité et beauté naturelle, et il reste un passage obligé pour qui veut comprendre la richesse de la plongée à Saint Martin’s Island.

Récif Sud-Est – Niveau confirmé

Plus au large, le récif sud-est attire les plongeurs confirmés. On y accède uniquement par bateau, souvent après une navigation de vingt à trente minutes. La descente mène jusqu’à vingt-cinq mètres, où les coraux massifs forment des jardins impressionnants. Les bancs de carangues, les raies aigles et parfois un requin bambou animent ces profondeurs. En revanche, les courants peuvent se montrer puissants, surtout à marée montante. Il faut donc une bonne expérience et une planification rigoureuse. Pourtant, ce site représente l’essence même de la plongée au Bangladesh : sauvage, exigeante, mais toujours généreuse en émotions. Les plongeurs qui s’y aventurent repartent avec le souvenir d’une mer authentique et vivante, encore épargnée par la surexploitation.

Rejoindre Saint Martin’s Island depuis le Bangladesh

On atteint Saint Martin’s Island uniquement par la mer, ce qui renforce son caractère isolé. Le trajet s’effectue principalement depuis Teknaf, au sud de Cox’s Bazar. Les ferries rapides et les bateaux touristiques partent du port de Shah Porir Dwip. Selon la météo et le type d’embarcation, la traversée dure entre une heure quinze et trois heures. Par ailleurs, certaines compagnies privées proposent des liaisons saisonnières depuis Cox’s Bazar, bien que ces trajets dépendent fortement des conditions marines.

Depuis 2025, le gouvernement bangladais a mis en place une réglementation stricte pour protéger les récifs. L’île ferme désormais de février à octobre, puis rouvre à partir du 1er novembre. Cette période d’ouverture inclut un quota limité à 2000 visiteurs par jour, afin de préserver la capacité de charge écologique. Les nuitées ne sont autorisées qu’à partir de décembre. Ainsi, il est essentiel de planifier son séjour en tenant compte de ces restrictions. Cette politique environnementale, encore récente, témoigne de la volonté du pays de concilier tourisme et préservation marine.

Meilleure période pour plonger

La meilleure saison pour la plongée à Saint Martin’s Island s’étend de novembre à février. Durant ces mois, la mer reste calme, les courants sont faibles et la visibilité atteint souvent douze à quinze mètres. De plus, la température de l’eau oscille entre 26 et 28 °C, ce qui permet de plonger sans combinaison épaisse. Les clubs rouvrent leurs portes, les ferries reprennent leur service quotidien et les conditions deviennent idéales pour explorer les récifs. En revanche, d’avril à octobre, la mousson rend la mer instable et la visibilité chute fortement. Pour cette raison, les opérateurs locaux suspendent leurs activités. En respectant cette fenêtre saisonnière, les plongeurs contribuent à la protection du milieu marin tout en profitant des meilleures conditions possibles.

Ambiance insulaire et vie sur place

Saint Martin’s Island vit au rythme de la nature. Le matin, les pêcheurs ramènent leurs filets pendant que les plongeurs embarquent pour leurs sorties. Le soir, les générateurs remplacent le réseau électrique, et les plages se couvrent d’une lumière dorée. L’ambiance reste paisible, presque méditative. Les visiteurs marchent, pédalent ou discutent dans de petits cafés improvisés. Cette lenteur assumée fait partie du charme de l’île.

Le Oceanic Scuba Diving Center, installé à Purbo Para, constitue le principal club de l’île. Son équipe locale, passionnée et expérimentée, organise des sorties quotidiennes dès l’ouverture de la saison. Le matériel est bien entretenu, et les plongées s’adaptent aux niveaux des participants. Les briefings se déroulent en anglais, parfois en français selon les instructeurs présents. Le respect du milieu marin guide leur travail, et chaque sortie s’accompagne d’un rappel sur la fragilité des récifs. Par ailleurs, le club collabore régulièrement avec des plongeurs venus de Dhaka ou de Cox’s Bazar, ce qui garantit un encadrement fiable.

Pour le séjour, le Blue Marine Resort demeure l’adresse préférée des plongeurs. Situé directement en bord de mer, il propose des chambres confortables et climatisées, un restaurant de cuisine locale et une vue superbe sur l’océan. Le personnel organise les transferts vers le port et aide à la logistique des plongées. Enfin, sa proximité avec les clubs en fait une base pratique et tranquille. Durant la haute saison, l’ambiance y reste simple, conviviale et fidèle à l’esprit de l’île.

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