Port-Soudan occupe une place à part parmi les destinations de la mer Rouge. Loin des foules égyptiennes, la plongée à Port-Soudan garde ce parfum d'exploration presque disparu ailleurs. Les tombants plongent droit dans l'obscurité. Les raies manta croisent au large. Pour qui découvre les lieux sans repère, mieux vaut privilégier une plongée encadrée. La logistique locale reste en effet sommaire, et les infrastructures touristiques demeurent embryonnaires. C'est dans cette mer Rouge soudanaise, longtemps à l'écart du tourisme de masse, que se joue tout l'intérêt du voyage.
Sites de plongée autour de Port-Soudan
Trois spots résument à eux seuls la diversité de la plongée à Port-Soudan. Du récif accessible au site technique, chaque niveau y trouve sa place.
Épave de l'Umbria - Niveau : débutant
Le 9 juin 1940, l'équipage sabordait l'Umbria pour échapper à la marine britannique. L'épave demeure depuis l'un des sites les plus admirés de la mer Rouge. Ce cargo italien mesure 153 mètres. Il repose sur son flanc bâbord, entre 5 et 30 mètres de profondeur, avec sa cargaison de munitions encore visible au fond des cales. Sa partie la plus haute affleure quasiment la surface, ce qui permet une première approche en douceur. On descend ensuite progressivement vers les zones plus profondes, en compagnie d'un guide. Malgré plus de 8 décennies sous l'eau, le navire reste remarquablement conservé. C'est donc une entrée en matière mémorable pour qui débute la plongée à Port-Soudan. Ce site est généralement utilisé pour les baptêmes et les formations pour débutants.
Sha'ab Rumi - Niveau : intermédiaire
Sha'ab Rumi se distingue par son lagon protégé, accessible via une passe étroite. Il abrite surtout les vestiges de Précontinent II. Le commandant Cousteau y installa cette station sous-marine en 1963. Entre 9 et 30 mètres, le plongeur croise le hangar à soucoupe, les cages à requins et le garage à scooters. Coraux mous et alcyonaires recouvrent aujourd'hui ces vestiges. Le plateau nord, plus exposé au courant, attire barracudas et carangues. Des requins-marteaux y passent aussi parfois en maraude. Cette combinaison d'histoire et de faune pélagique fait de Sha'ab Rumi une étape marquante pour un plongeur déjà à l'aise sous l'eau.
Sanganeb Reef - Niveau : confirmé
À une trentaine de kilomètres au large, l'atoll de Sanganeb forme l'unique structure corallienne circulaire de la mer Rouge. L'UNESCO l'a classé au patrimoine mondial dès 1990. Son phare de 50 mètres le rend repérable de loin. Le tombant extérieur s'enfonce jusqu'à 800 mètres. Les plateaux nord et sud, eux, s'explorent entre 15 et 40 mètres. Ils exigent une bonne maîtrise de la flottabilité et du courant. Barracudas en bancs, carangues et requins-marteaux animent régulièrement ces eaux exposées. On y recense d'ailleurs plus d'une centaine d'espèces coralliennes sur le seul atoll.
Comment rejoindre Port-Soudan pour plonger
Organiser une plongée à Port-Soudan commence presque toujours par le choix de l'aéroport international. L'Aéroport International de Port-Soudan (PZU) dessert directement cette grande ville portuaire. Il se situe à une vingtaine de kilomètres au sud de la ville. Aucune compagnie n'assure de liaison directe depuis l'Europe. Une correspondance s'impose donc généralement via Le Caire, Addis-Abeba ou Istanbul. EgyptAir, Ethiopian Airlines et Turkish Airlines desservent respectivement ces villes. L'opérateur local organise en général le transfert entre l'aéroport et l'hébergement, ce qui simplifie une arrivée souvent tardive.
Sur le plan administratif, un visa reste par ailleurs obligatoire pour tout ressortissant français. Il faut le demander avant le départ, auprès de l'ambassade du Soudan. Aucune formule électronique ni délivrance à l'arrivée n'existe à ce jour. Il faut aussi prévoir un passeport valable au moins six mois. Selon les cas, une lettre d'invitation ou une confirmation d'un opérateur soudanais s'ajoute au dossier. Un point mérite néanmoins d'être souligné avec la plus grande clarté avant toute réservation. Le ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères déconseille en effet formellement, à ce jour, tout déplacement sur l'ensemble du territoire soudanais. Le conflit armé en cours depuis avril 2023 explique ce conseil. Mieux vaut donc consulter les conseils aux voyageurs officiels avant d'envisager le moindre départ. Une fois si place, les clubs locaux demandent une certification internationale pour l'accès à certains sites.
Meilleure période pour plonger à Port-Soudan
La fenêtre la plus favorable pour la plongée à Port-Soudan s'étend de mars à juin, puis de septembre à novembre. La mer se calme durant ces mois. La visibilité dépasse fréquemment les trente mètres. Les mois d'été, en revanche, compliquent la navigation, avec des vents plus soutenus et une chaleur écrasante. Les récifs les plus exposés, comme Sanganeb, deviennent alors plus difficiles d'accès. C'est aussi durant ces périodes intermédiaires que les plongeurs de passage rapportent le plus de rencontres avec requins-marteaux et raies manta. Cette fenêtre reste donc à privilégier pour maximiser les chances de belles rencontres pélagiques.
Ambiance à Port-Soudan pour plonger
Port-Soudan dégage une atmosphère à part, loin des stations balnéaires égyptiennes rodées au tourisme de masse. Le port historique reste animé par les boutres de pêche et les cargos. Il cohabite avec une ville en pleine reconstruction. Minarets, façades coloniales et tours modernes se répondent ainsi le long du front de mer. Cette ambiance brute, parfois austère, séduit précisément les amateurs de plongée à Port-Soudan. Ils viennent chercher une mer Rouge encore préservée du tourisme organisé.
Sur place, Red Sea Secrets Diving Center fait figure d'opérateur historique de la plongée à Port-Soudan. Beaucoup le présentent d'ailleurs comme le tout premier centre certifié PADI du pays. Il organise des sorties à la journée vers l'Umbria et Sha'ab Rumi. Il propose aussi des programmes de plusieurs jours incluant Sanganeb, avec transfert aéroport généralement inclus. Le fonctionnement de ce type de structure peut néanmoins varier d'une saison à l'autre, dans un contexte aussi instable. Mieux vaut donc le contacter directement par téléphone ou messagerie avant toute réservation, plutôt que de se fier à une disponibilité supposée à distance. Les briefings s'effectuent en anglais, une bonne maitrise de cette langue reste un atout pour comprendre au mieux les astuces et les recommandations du guide.
Côté hébergement, le Coral Port Sudan Hotel reste la référence historique de la ville. Il se situe à l'entrée du port, avec vue sur la mer Rouge. Les plongeurs le considèrent depuis longtemps comme l'un des rares établissements de standing de la région. Il constitue un point de chute pratique pour organiser les sorties en mer. On y profite aussi d'une cuisine locale à base de poissons frais. Entre l'atmosphère encore brute de la ville, le rythme lent du port et la proximité immédiate de récifs préservés, Port-Soudan continue malgré tout de fasciner les connaisseurs, en quête d'une mer Rouge moins fréquentée que ses voisines égyptiennes.
Commentaires (0)
Laisser un commentaire