Plongée à Saranda : trésors cachés de la mer Ionienne

Vue panoramique de Saranda, en Albanie, depuis les hauteurs, avec la mer Ionienne en arrière-plan, destination réputée pour la plongée
Vue sur la baie de Saranda, point de départ des plus beaux sites de plongée de la mer Ionienne.

Au sud de l’Albanie, face à l’île grecque de Corfou, s’étend Saranda. Cette ville discrète, bordée par la mer Ionienne, attire désormais les Plongeurs en quête de nouveaux horizons. La plongée à Saranda séduit particulièrement les francophones, souvent habitués aux eaux de la mer Rouge, de Malte ou des Canaries. Ici, ils découvrent un littoral encore sauvage, des reliefs intacts et une ambiance méditerranéenne qui tranche avec les grandes destinations touristiques.

Ce qui frappe en arrivant, c’est l’équilibre entre accessibilité et authenticité. À trente minutes seulement de Corfou, Saranda reste pourtant hors des radars pour la majorité des Plongeurs français. Pourtant, les fonds révèlent des grottes lumineuses, une épave de la Seconde Guerre mondiale et des tombants vertigineux. La visibilité changeante, la lumière parfois tranchée et les rencontres inattendues donnent à chaque immersion une saveur particulière. Ainsi, la plongée à Saranda se vit comme une aventure pionnière, où l’on savoure encore l’impression d’explorer des sites peu fréquentés.

Sites de plongée à Saranda

Grottes de Kakome – Niveau : débutant

À quelques kilomètres de Saranda, la baie de Kakome ouvre un décor idéal pour les plongeurs novices. Les arches naturelles et les couloirs rocheux plongent à une dizaine de mètres seulement. La lumière s’invite en faisceaux, soulignant les formes douces des parois. Ici, la visibilité atteint souvent 12 à 15 mètres, mais elle s’améliore lors des journées calmes d’été. L’eau reste paisible, presque sans courant, ce qui facilite la mise à l’eau.

Sous la surface, la vie méditerranéenne s’exprime avec discrétion. Castagnoles, labres et poulpes se partagent les recoins. Quelques murènes apparaissent parfois entre les blocs, tandis que les bancs de petits poissons colorent l’ambiance. Certes, il ne s’agit pas d’un récif spectaculaire, cependant la simplicité du site capte l’attention. Pour des plongeurs français habitués aux grands récifs coralliens, cette plongée change d’échelle. On apprend à observer la lumière, à apprécier les reliefs rocheux et à se laisser guider par le calme environnant. De plus, l’absence de difficulté technique en fait un site parfait pour s’initier à la plongée à Saranda.

Épave du Probitas – Niveau : intermédiaire

Le site le plus emblématique reste l’épave du Probitas, navire italien coulé durant la Seconde Guerre mondiale. Il repose sur un fond sableux à environ 22 mètres. Certaines parties affleurent dès 3 mètres, ce qui permet une exploration progressive et fascinante. Le temps a corrodé les structures, laissant passer la lumière à travers les ouvertures. Ainsi, l’ambiance devient presque théâtrale, avec des filets lumineux illuminant le métal rouillé.

Les bancs de sars, les murènes et de jeunes mérous animent le décor. Parfois, des barracudas apparaissent en arrière-plan, attirés par les abris que constitue la coque. Pourtant, il faut une bonne maîtrise de la flottabilité pour évoluer autour du navire. Les structures sont fragiles et certains passages exigent de la précision. Ce site convient donc aux plongeurs intermédiaires capables de gérer la profondeur et de planifier leur temps de fond. En effet, la visibilité varie entre 12 et 15 mètres, mais elle peut atteindre 30 mètres en plein été. Pour les plongeurs français amateurs d’épaves, le Probitas représente une alternative méditerranéenne crédible, moins fréquentée que d’autres épaves célèbres mais tout aussi marquante.

Tombants de Jale – Niveau : confirmé

Au nord de Saranda, près du village de Jalë, s’étendent des tombants spectaculaires. Il faut environ quarante minutes de navigation pour y accéder, parfois dans une mer agitée. Toutefois, l’effort est largement récompensé. Dès la mise à l’eau, le vide attire l’œil : la paroi plonge au-delà de 40 mètres, offrant une descente directe et vertigineuse. La sensation d’apesanteur s’installe immédiatement.

Les parois rocheuses sont colonisées par des gorgones et des alcyonaires. Les dentis et les sérioles patrouillent dans le courant, tandis que des bancs de barracudas surgissent parfois de la profondeur. À l’occasion, un thon solitaire traverse la scène. Cependant, cette plongée exige rigueur et préparation. Lestage précis, parachute obligatoire et planification stricte sont indispensables. Le courant peut surprendre, mais il enrichit aussi la vie marine. Pour les plongeurs confirmés, c’est sans doute l’expérience la plus spectaculaire que propose la plongée à Saranda. Alors, quand les conditions s’alignent, cette immersion devient un moment inoubliable.

Rejoindre cette destination

Saranda se trouve à l’extrémité sud de l’Albanie, mais son accès reste simple pour les voyageurs français. En effet, l’aéroport de Corfou est largement desservi depuis la France, et la traversée vers Saranda en ferry prend entre trente et quatre-vingt-dix minutes selon le bateau. Cette combinaison séduit particulièrement les plongeurs, car elle limite les transferts compliqués avec du matériel. Par ailleurs, les ferries sont fréquents en haute saison, ce qui rend le voyage flexible.

Par la route, depuis Tirana, il faut compter environ cinq heures en traversant les montagnes. Certes, le trajet offre des panoramas superbes, mais il s’avère fatigant avec du matériel de plongée. Ainsi, la majorité des francophones préfèrent la solution Corfou + ferry, plus rapide et plus confortable. Une fois sur place, les clubs assurent le transfert vers les sites en bateau, ce qui simplifie la logistique.

Meilleure période pour plonger

La saison idéale pour profiter de la plongée à Saranda s’étend de mai à octobre. En juin et en septembre, les conditions sont particulièrement favorables : eau chaude, météo stable et affluence réduite. En juillet et en août, la mer atteint 24 à 26 °C en surface, ce qui rend les plongées agréables. Cependant, l’afflux de touristes rend parfois l’ambiance plus animée à terre. En octobre, les premières dépressions automnales compliquent parfois les mises à l’eau, mais les jours calmes restent superbes.

En hiver, l’eau descend vers 15 °C et la plupart des clubs ferment leurs portes. Ainsi, pour un plongeur francophone, le choix logique reste la belle saison. Une combinaison de 3 mm suffit pour les plongées estivales, tandis qu’un 5 mm apporte davantage de confort pour les sorties plus longues. De plus, la faible affluence de mai ou septembre séduit ceux qui recherchent la tranquillité.

Ambiance de la destination

Saranda combine charme méditerranéen et énergie balkanique. Sur le front de mer, les cafés et les restaurants s’animent au coucher du soleil. La vue sur Corfou complète le décor et rappelle la proximité de la Grèce. L’ambiance reste simple, sans excès, et la ville séduit autant les amateurs de calme que ceux qui aiment partager un verre après la plongée. En effet, les soirées passent vite lorsqu’on discute d’épaves, de tombants et de courants rencontrés sous l’eau. Pour un public francophone, l’expérience est d’autant plus appréciée qu’elle reste encore confidentielle.

Le club Spirit Diving Saranda incarne parfaitement cette ambiance. Avec son bateau rapide, il rejoint Kakome, Probitas ou Jale en moins d’une heure. L’équipe, jeune mais expérimentée, privilégie les groupes restreints pour limiter l’impact sur les sites. Les briefings se font en anglais et en italien. Parfois, un instructeur propose quelques explications en français, mais ce n’est pas garanti. Toutefois, pour la majorité des plongeurs francophones habitués à voyager, cette situation ne pose pas de problème. En revanche, la sécurité et la qualité de l’encadrement sont toujours au rendez-vous.

Pour l’hébergement, l’Hotel Apollon Saranda s’impose comme une valeur sûre. Situé directement en bord de mer, il propose des chambres confortables avec vue sur la baie. Le restaurant sert des poissons frais, parfaits après une immersion. De plus, l’hôtel dispose d’un espace pour rincer et stocker l’équipement, un détail essentiel pour les plongeurs. L’accueil est chaleureux, parfois francophone selon le personnel, mais toujours attentif. Nombre de visiteurs y retournent chaque année, séduits par la constance du service et la proximité avec les clubs. Ainsi, séjourner à l’Apollon complète naturellement une expérience de plongée à Saranda.

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