Japon

Plongée à Aguni :
tornades de carangues à Okinawa

Plongée à Aguni, Okinawa au Japon : tornade de carangues à Fudenzaki, sites de plongée Tsushinto-mae et Bojitomai, club Diving House Aguni.

La plongée à Aguni attire chaque année des passionnés japonais, mais presque aucun francophone. Cette petite île de 7,65 km² se trouve à environ 60 km au nord-ouest de Naha, dans l'archipel d'Okinawa. Ses champs de canne à sucre, ses maisons basses et sa saline lui donnent un charme d'avant le tourisme de masse. Pourtant, ses eaux très claires accueillent un spectacle rare, la tornade de carangues. Voilà pourquoi la plongée à Aguni intéresse les plongeurs confirmés et curieux.

Sites de plongée autour d'Aguni

Autour de l'île, la plupart des sites se trouvent à moins de dix minutes de bateau du port. De plus, toute la plongée à Aguni se pratique depuis un bateau, avec retour au club entre deux sorties. Trois sites couvrent ainsi les trois niveaux.

Tsushinto-mae - Niveau : débutant

Au sud de l'île, face à la tour de télécommunication, Tsushinto-mae se plonge entre 5 et 25 m. Les débutants y trouvent leurs marques, car la mise à l'eau se fait sur un massif corallien vers 5 m. Ensuite, un long chenal guide le groupe entre les blocs, ce qui simplifie l'orientation. Des arches et des crevasses ponctuent le parcours. La lumière bleue vue depuis l'intérieur des arches compose un très beau décor. Par ailleurs, les gobies, les poissons-clowns et parfois un napoléon se laissent observer longuement.

Bojitomai - Niveau : intermédiaire

À cinq minutes de bateau du port, Bojitomai s'étend des zones peu profondes jusqu'à 27 m. Entre deux falaises, des arches de corail partent d'environ 25 m et remontent vers la surface comme un jardin fleuri. Une grotte s'ouvre à 27 m. Comme le site reste sombre même en plein jour, une lampe est indispensable. Cette profondeur et cette grotte justifient donc le niveau intermédiaire. Le lieu séduit surtout les amateurs de macro, car les petites espèces abondent dès la mise à l'eau. En outre, les platax, les langoustes et parfois un grand barracuda passent lentement.

Fudenzaki - Niveau : confirmé

Fudenzaki, à la pointe sud-ouest de l'île, reste le site phare. Une falaise de tuf blanc haute d'environ 90 m domine le cap. Sous l'eau, trois massifs alignés se parcourent en dérive, jusqu'à 30 m de profondeur. Le courant, parfois fort, réserve donc ce site aux plongeurs confirmés. En mai et juin, des dizaines de milliers de carangues à gros yeux obscurcissent parfois la lumière. Mais d'autres visiteurs volent la vedette, comme les carangues géantes, les thons à dents de chien et les napoléons. Plus rarement, les requins gris de récif et les requins-marteaux complètent le tableau. Le bateau s'amarre en général sur une bouée, même si la dérive reste possible. Le club local demande aussi d'emporter un parachute de palier. Enfin, il fixe des conditions de réservation, à demander avant de planifier le voyage.

Comment rejoindre Aguni pour plonger

Aucun vol ne relie directement la France à l'île. Le voyage passe d'abord par l'aéroport de Naha, principal aéroport d'Okinawa, avec une escale à Tokyo Haneda, Taipei, Shanghai ou Séoul. Il faut compter 22 à 24 heures de trajet. Ensuite, le ferry quitte le port de Tomari, à Naha, à 9 h 30 pour environ deux heures de traversée. Il n'effectue qu'un aller-retour par jour. Un petit avion de la compagnie First Flying propose aussi une trentaine de minutes de vol, environ quatre fois par semaine. Toutefois, le ferry s'arrête deux semaines environ chaque automne, et l'avion subit des pauses de maintenance. Pour une plongée à Aguni sans mauvaise surprise, mieux vaut donc consulter le site du village avant de réserver. Sur place, le bus communautaire est supprimé depuis octobre 2026. En revanche, l'hébergement organise le transfert depuis le port, et un taxi collectif fonctionne sur réservation.

Côté formalités, un Français n'a pas besoin de visa pour un séjour touristique de moins de 90 jours. Un passeport valide pendant tout le séjour suffit. Cependant, le Japon prépare une autorisation électronique de voyage, le JESTA. La loi a été adoptée le 29 mai 2026, et l'autorisation deviendra obligatoire au plus tard le 31 mars 2029. Elle devra alors se demander à chaque nouvelle entrée dans le pays.

Meilleure période pour plonger à Aguni

La meilleure période pour la plongée à Aguni s'étend d'avril à juillet. Mai et juin concentrent les grandes tornades de carangues à Fudenzaki. Pendant cette période, l'eau oscille entre 22 et 28 °C, avec environ 22 °C en avril et jusqu'à 28 °C en plein été. Une combinaison de 5 mm convient donc en début de saison, puis une plus fine suffit de juin à juillet. La visibilité reste excellente toute l'année, souvent entre 25 et 30 m. À partir d'août, les sorties deviennent plus tranquilles et varient davantage les sites. En octobre, l'eau garde encore 27 °C, mais les vents du nord retardent parfois les plongées à Fudenzaki. Enfin, les typhons de fin d'été peuvent perturber les traversées.

Ambiance, club et hôtel pour une plongée à Aguni

L'île vit au ralenti. Les maisons à toit de tuiles rouges, les murets de corail et les rangées d'arbres fukugi entourent le village du port. Plus loin, la canne à sucre et l'élevage de veaux dominent le paysage. Les restaurants sont rares, donc les repas se prennent le plus souvent à l'auberge. Par ailleurs, le sel d'Aguni reste célèbre dans tout Okinawa. Le soir, la falaise de Mahana offre un coucher de soleil sur la mer de Chine orientale, puis un ciel étoilé parmi les plus sombres du Japon. Enfin, le film Navi no Koi, sorti en 1999, a fait connaître ce décor aux Japonais.

Le Diving House Aguni se trouve à cinq minutes à pied du port, au 399 du secteur de Hama. Son guide principal revendique plus de vingt ans d'expérience sur l'île. Le club reste actif et publie ses sorties presque chaque jour en saison. Chaque plongée se fait en bateau, avec retour au club entre deux sorties, ce qui rassure les plongeurs sensibles au mal de mer. Le tarif démarre à 10 000 yens la plongée, payable uniquement en espèces. Quand des clients sont présents, une soirée autour des carnets de plongée et d'un verre d'awamori réunit tout le monde les lundi, mercredi, vendredi et samedi. Attention toutefois, le briefing se fait en japonais, et aucun briefing en français ni en anglais n'est annoncé. Mieux vaut donc réserver par écrit et préparer quelques mots avec un traducteur.

Pour dormir, le Petit Hotel Isa se distingue dans une île où l'hébergement repose surtout sur de petites auberges familiales. Il se situe dans le secteur de Hama, à environ 12 minutes à pied du club, en bord de mer, près d'une promenade en bois idéale après la plongée. Les chambres, simples et propres, disposent d'une salle de bain privative, et certaines ouvrent sur un balcon avec vue sur l'océan. L'établissement propose aussi des repas maison, très utiles sur une île qui compte peu de restaurants. La réservation se fait par téléphone, environ un mois à l'avance, car l'hôtel ne propose pas de réservation en ligne.

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