Madang occupe une place particulière parmi les destinations de plongée du Pacifique. Nichée sur la côte nord de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, elle se situe au cœur du Triangle de Corail. Cette ville portuaire a longtemps été surnommée la plus jolie bourgade du Pacifique Sud. Elle attire les plongeurs en quête d'épaves de la Seconde Guerre mondiale. D'autres viennent pour ses pinacles volcaniques et ses récifs encore peu fréquentés. La plongée à Madang se pratique toute l'année. Elle demande cependant un minimum de préparation. L'accès à cette région reste en effet confidentiel pour un public francophone. Le lagon qui borde la ville concentre à lui seul une trentaine d'îlots coralliens. Au large, en revanche, s'ouvrent des monts sous-marins et des îles volcaniques bien plus exigeantes. Pour un plongeur qui découvre les lieux, une sortie encadrée reste la meilleure option. Elle permet d'avancer en toute sécurité auprès d'un club local expérimenté.
Sites de plongée autour de Madang
Autour de la ville, plus de 20 sites de plongée sont accessibles en quelques minutes de bateau. Ce chiffre permet de composer un séjour progressif. Le plongeur commence par le site le plus abordable. Il termine par les plongées réservées aux palanquées expérimentées. Ce panel varié fait de la plongée à Madang une expérience évolutive. Chaque niveau y trouve un terrain de jeu adapté. La région est aussi connue des spécialistes pour un habitant discret. Sur certains sites de nuit vit un petit requin endémique. Il se déplace en rampant sur ses nageoires plutôt qu'en nageant. Cette curiosité illustre bien la richesse encore méconnue de cette partie du Pacifique.
The Bomber - Niveau : débutant
L'épave du B-25 Mitchell, surnommée The Bomber, repose entre 15 et 25 mètres de fond. Elle se trouve à quelques centaines de mètres de Wongat Island. Le bombardier américain a été abattu en 1943 par la défense antiaérienne japonaise. Il repose aujourd'hui dans un cadre calme et abrité. Coraux et poissons de récif l'ont largement colonisé. La carlingue est restée en grande partie intacte. Moteur, hélice et armement sont encore visibles. Ce parcours photogénique plaît aux amateurs d'histoire militaire comme aux naturalistes. Sa profondeur modérée et l'absence de courant marqué en font un site accessible aux premiers niveaux de certification. Un guide connaissant bien le lagon reste toutefois recommandé.
Planet Rock - Niveau : intermédiaire
À trois kilomètres au large, Planet Rock est un pinacle volcanique. Il remonte jusqu'à environ 4 à 5 mètres sous la surface. Au-delà, le fond plonge à plus de 600 mètres. Les courants balaient l'apex du mont et se pratiquent généralement entre 5 et 30 mètres. Ils y attirent des bancs de barracudas et de carangues. Avec un peu de chance, des requins-marteaux ou des requins pointe argentée apparaissent aussi. Les poissons-balistes défendent agressivement leur territoire sur les hauts-fonds. Ils imposent une vigilance particulière aux plongeurs. Le courant change lui aussi selon la marée. Ce site demande donc une bonne gestion de la dérive. Il constitue une étape naturelle pour progresser vers des environnements plus dynamiques.
Bagabag Island - Niveau : confirmé
Bagabag est une île volcanique située à 32 milles nautiques au large de Madang. Un récif barrière peu fréquenté la borde. Les plongées s'y pratiquent en dérivante, généralement entre 10 et 30 mètres. Des courants soutenus et parfois imprévisibles s'y ajoutent, selon la configuration du récif. L'éloignement du site limite la fréquentation à quelques sorties par saison. Cette rareté préserve une biodiversité intacte. La visibilité y est généralement excellente, loin de l'influence sédimentaire de la côte. Cette distance réserve logiquement la destination aux plongeurs confirmés. Ils doivent savoir gérer une plongée technique loin de toute assistance rapide. L'effort est récompensé par une immersion rare, presque coupée du reste du monde.
Comment rejoindre Madang pour plonger
Aucun vol direct ne relie la France à la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Le trajet passe donc par une correspondance internationale. Elle se fait généralement via Singapour ou Hong Kong. La destination de ce premier vol est l'aéroport international Jacksons, à Port Moresby. De là, une liaison domestique permet de rejoindre l'aéroport de Madang. Elle est assurée conjointement par Air Niugini et PNG Air. Une quinzaine de vols hebdomadaires desservent cette ligne. Le temps de vol est d'environ une heure. Organiser un séjour de plongée à Madang implique donc de prévoir une marge de temps suffisante entre les deux vols. Les correspondances locales peuvent en effet être perturbées. Une fois sur place, le trajet vers les hébergements du bord de mer prend une vingtaine de minutes.
L'entrée sur le territoire nécessite désormais un eVisa obtenu en ligne avant le départ. L'accès à un visa délivré à l'arrivée est en effet devenu très restreint ces dernières années. La formule "Easy Visitor Permit" coûte environ 50 dollars américains. Elle autorise un séjour de 30 ou 60 jours. Mieux vaut la demander plusieurs jours avant le vol. Le passeport doit rester valide 6 mois au minimum. Il est également recommandé de conserver une preuve de vol retour. Une preuve de moyens financiers suffisants peut aussi être demandée au contrôle des frontières.
Meilleure période pour plonger à Madang
L'eau conserve une température comprise entre 28 et 30°C tout au long de l'année. Il est donc possible d'y plonger en toute saison, sans combinaison épaisse. La meilleure période pour la plongée à Madang se situe cependant entre mai et octobre. La saison sèche y apporte une mer plus calme. Elle offre aussi une visibilité nettement améliorée. Cette amélioration concerne l'ensemble des sites, du lagon comme du large. En dehors de cette fenêtre, la plongée reste praticable toute l'année. Beaucoup de plongeurs choisissent malgré tout de caler la plongée à Madang sur les mois les plus secs. Les précipitations plus fréquentes peuvent toutefois réduire la clarté de l'eau. Elles compliquent aussi parfois les sorties vers les îles les plus éloignées, comme Bagabag.
Ambiance et vie locale autour de la plongée à Madang
Madang elle-même mérite qu'on s'y attarde avant de rejoindre les sites. La ville est souvent décrite comme la plus jolie bourgade du Pacifique Sud. Ce surnom s'explique par ses grands arbres, ses parcs et ses bassins de nénuphars. D'immenses colonies de renards volants nichent dans les frondaisons du centre-ville, offrant un spectacle inattendu au coucher du soleil. Le marché local, animé et coloré, complète cette ambiance tranquille. La ville reste tournée vers la mer, loin de toute agitation touristique de masse.
Le club qui structure la plongée à Madang depuis plus de quarante ans se nomme Niugini Dive Adventures. Il s'agit du seul centre certifié PADI de la ville. Le club est installé au sein du Madang Resort. Trois bateaux aux normes australiennes permettent de rejoindre la plupart des sites en moins d'une heure. L'équipe encadre aussi bien les premières plongées d'initiation que les sorties les plus exigeantes. Le club fonctionne aujourd'hui sur réservation à la demande. Il n'y a plus de programme de sorties fixe. La réservation à l'avance est donc vivement conseillée pour garantir sa place. Les briefings s'y déroulent en anglais, une bonne pratique de cette langue reste un atout pour comprendre au mieux les recommandations et les astuces du guide. Ceux liés à la sécurité et aux signaux sous l'eau comptent parmi les plus utiles.
Pour l'hébergement, le Madang Resort s'impose naturellement. Il abrite directement le club de plongée. Cet hôtel est classé premier de la ville sur les plateformes d'avis voyageurs. L'établissement, familial, est actif depuis plus de 45 ans. Il propose des bungalows en front de mer, nichés dans un jardin tropical. Oiseaux et parfois même un jeune casoar y évoluent librement. L'ambiance y reste résolument décontractée. Elle est loin des standards des grands complexes internationaux. Cette simplicité correspond bien à l'esprit d'aventure discrète recherché par ces plongeurs. Une précaution mérite toutefois d'être rappelée. Des méduses-boîtes apparaissent parfois près des plages. Elles invitent à la prudence lors des baignades libres. Une combinaison intégrale reste recommandée en dehors des sorties encadrées. C'est cette alliance entre nature brute et hospitalité familiale qui donne à la plongée à Madang tout son caractère. Elle reste loin des sentiers battus du tourisme sous-marin classique.
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