Papouasie-Nouvelle-Guinée

Plongée à Tufi :
fjords, requins-marteaux et épaves

Infographie de la plongée à Tufi en Papouasie-Nouvelle-Guinée avec fjords, requins-marteaux, récifs et épaves

À la pointe du cap Nelson, sur la côte nord-est de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, la plongée à Tufi rassemble des univers que peu de destinations réunissent au même endroit. D'un côté, des fjords d'origine volcanique s'enfoncent dans les terres, bordés de forêt tropicale. De l'autre, des récifs vierges surgissent du bleu à quelques milles du rivage. Entre les deux, le ponton du village abrite une faune minuscule et les restes d'une ancienne base navale américaine. Le lieu n'a rien d'une destination de masse. Aucune route ne le relie au reste du pays, et seuls deux vols hebdomadaires s'y posent. En contrepartie, les sites restent peu fréquentés et le centre local les explore depuis plus de trente ans. Pour un plongeur qui découvre la région, une sortie encadrée reste d'ailleurs la seule façon sensée d'aborder ces eaux.

Sites de plongée autour de Tufi

La plongée à Tufi alterne 3 ambiances bien distinctes. Le matin, les bateaux filent vers les récifs extérieurs, situés entre 5 et 10 milles nautiques au large. Ces pitons remontent d'environ 600 m de fond jusqu'à 5 à 7 m de la surface. L'après-midi ou à la nuit tombée, le récif maison prend le relais avec ses créatures étranges. Enfin, les épaves de la Seconde Guerre mondiale complètent le tableau pour les plongeurs les plus aguerris.

Tufi Wharf - Niveau : débutant

La Papouasie-Nouvelle-Guinée revendique la paternité du terme muck diving, et le récif maison de Tufi en offre une démonstration parfaite. Le site se trouve juste devant le centre de plongée, entre la surface et 10 m de profondeur. Sur ce fond jonché de ferraille et de bouteilles de Coca-Cola datant de la guerre, la vie a pris ses quartiers. Gobies, nudibranches, poissons-mandarins et poissons-fantômes s'y cachent en grand nombre, pour le plus grand bonheur des photographes macro.

De nuit, le décor change totalement. Les habitants du jour disparaissent, et une autre faune occupe les débris. Le lieu porte aussi une histoire forte, car l'US Navy y a installé une base avancée de vedettes lance-torpilles dès décembre 1942. Les épaves des PT67 et PT119 reposent toutefois plus bas, jusqu'à 45 m. Cette plongée à décompression impose des paliers obligatoires et un intervalle de surface de quatre heures. Elle s'adresse donc aux plongeurs confirmés, et non aux débutants qui explorent le ponton.

Cyclone - Niveau : intermédiaire

Au large, Cyclone compte parmi les plus beaux récifs de la zone. Lors du cyclone de 1972, du corail brisé a formé un petit îlot, aujourd'hui peuplé d'oiseaux marins. Côté abrité, le récif pousse à l'écart des vagues pendant la saison des alizés, ce qui offre au bateau un mouillage protégé. Le site regroupe trois plongées différentes, pratiquées entre 7 et 40 m.

Sur Cyclone Wall, la paroi part de 7 m puis plonge au-delà de 40 m. Coraux durs, coraux mous et nudibranches de toutes tailles tapissent ce tombant vertical. Sur la paroi extérieure, les tortues imbriquées et les tortues vertes stationnent souvent au sommet du récif. Par ailleurs, un requin-marteau remonte parfois des profondeurs vers le bommie voisin. La maîtrise de la flottabilité le long du mur justifie un niveau intermédiaire.

Mulloway - Niveau : confirmé

Mulloway passe pour l'un des temps forts de la plongée à Tufi. Les guides mènent la palanquée vers la pointe du récif, là où le fond chute au-delà de 200 m. Le courant y souffle généralement fort, ce qui apporte du plancton en abondance. Dès lors, le site explose littéralement. Requins-marteaux, requins de récif, raies et bancs de pélagiques chassent autour des plongeurs, qui s'accrochent à un rocher ou à un bout immergé pour profiter du spectacle. La plongée se déroule entre 7 et 40 m, et un bénitier géant attend au palier.

Pour les plus expérimentés, le centre organise aussi des sorties spéciales vers le B-17 Black Jack. Ce bombardier repose à 45 m près du cap Vogel, et sa visite entraîne un supplément en raison de la distance.

Comment rejoindre Tufi pour plonger

Pour une plongée à Tufi, aucun vol direct ne relie la France à la Papouasie-Nouvelle-Guinée. La porte d'entrée reste l'aéroport international Jacksons de Port Moresby. Depuis l'Europe, la liaison la plus logique passe par Singapour, d'où Air Niugini assure quatre vols directs par semaine. Brisbane, Cairns et Manille constituent d'autres options. Ensuite, Tropicair relie Port Moresby à Tufi chaque lundi et chaque vendredi, en une heure environ, depuis son propre terminal. Beaucoup combinent d'ailleurs ce séjour avec Madang, autre destination phare du pays.

Côté formalités, les ressortissants français ne peuvent pas obtenir de visa à l'arrivée. Ils doivent donc demander un visa visiteur en ligne, sur le site des services de l'immigration, avant le départ. Depuis le 1er octobre 2025, chaque voyageur remplit aussi la carte d'arrivée numérique PNGDAC, gratuite, que les compagnies vérifient avant l'embarquement. Enfin, un traitement antipaludique et une assurance couvrant l'évacuation médicale restent indispensables, d'autant que le caisson hyperbare le plus proche se trouve à Port Moresby. Les clubs locaux demandent également une certification internationale pour l'accès à certains sites.

Meilleure période pour plonger à Tufi

La plongée à Tufi se pratique toute l'année, ce qui reste rare dans le pays. Pendant la meilleure période, en octobre et novembre, l'eau oscille entre 26 et 29°C et la visibilité dépasse souvent 30 m. Ces deux mois offrent aussi de belles chances de croiser des requins-marteaux sur les récifs du large. Une combinaison de 3 mm suffit alors largement.

À l'inverse, juillet, août et septembre correspondent aux mois venteux. Quand l'alizé forcit, le centre replie ses sorties dans les fjords. Ces eaux abritées offrent alors un muck diving remarquable, loin de la houle du large.

L'ambiance autour de la plongée à Tufi

On surnomme souvent Tufi la « Scandinavie des tropiques ». Au pied du mont Trafalgar, des falaises couvertes de jungle tombent à pic dans les fjords. La vie villageoise rythme les journées, entre fabrication du tapa, préparation du sagou et tatouages traditionnels. Les sorties en pirogue à balancier ou en kayak prolongent la découverte, et le célèbre Kokoda Trail se trouve à environ 130 km. Les usages locaux demandent néanmoins une tenue plutôt couvrante hors de l'eau.

Pour la plongée à Tufi, un seul centre opère sur place : Tufi Dive, affilié PADI et installé sur le ponton. Des professionnels PADI encadrent toutes les sorties. Le Prowler, catamaran de 45 pieds, embarque jusqu'à vingt plongeurs, et chaque bateau dispose d'oxygène et d'une trousse de secours. Le centre propose aussi des formations, du baptême au Rescue. Les briefings se déroulent en anglais, mais les guides ont l'habitude des plongeurs internationaux. La journée type enchaîne deux plongées au large le matin, puis une troisième l'après-midi, souvent dans les fjords ou sous le ponton. Afin de garantir une place sur le bateau mieux vaut contacter l'équipe avant toute réservation.

Pour dormir, Tufi Resort forme avec le centre une seule et même structure. Seul hébergement du village, il domine le fjord avec une vue panoramique à 180°. Climatisés, la plupart des chambres et bungalows disposent d'une véranda tournée vers la mer de Corail ou le fjord. La pension complète met en avant le poisson de récif, tandis que la piscine, le bar et la bibliothèque occupent agréablement les intervalles de surface.

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